J'ai commencé la photographie à l’âge de 17 ans, et je voulais déjà essayé d’arrêter le temps en fixant des moments privilégié que je pouvais avoir sur le terrain en prenant mes clichés.
Sachant à cet instant que le temps qui m’était donné de faire ma vie était un décompte impitoyable et qui n’en fallait pas beaucoup plus pour que le bonheur éprouvé s’arrête instantanément comme ça  juste en un clin d’œil, je l’ai pris pour un gain très précieux et je s’avais l’égrainé à ma façon puisque ces aventures matinales se reproduisaient très très souvent.

Mais la peur de les perdre m’en faisait mal au ventre, au départ j’ai bien cru que c’était simplement parce que j’étais tout seul dans ces lieux secrets, et inquiétants, et selon la saison quelque peu lugubre, mais je m’y suis fait et  avec l’habitude j’étais accroc de ces expériences presque nocturnes et d’autres fois simplement matinales, à l’époque nous ne changions pas d’heure tout était en ordre et plus facile pour régler la préparation de ces escapades me prenait quelques instants seulement, d’ailleurs je savais très bien où j’allais c’était relativement facile pour celui qui connaissais bien la forêt, de même que ce grand marais qui la bordait.  

En partant de chez mes parents de très bonnes heures le matin avant que le jour ne se lève traversant les pâtures qui se trouvaient sur mon chemin, ce n’était pas les barbelés de leurs clôtures qui pouvaient m’arrêter, je fonçais tête baissée comme on dit, j’étais entièrement attiré par ces escapades.

Arrivé sur place je retrouvais toutes les odeurs enivrantes des marais et de la forêt, le chant des oiseaux quelques crapauds croassaient à se faire exploser, le pic épeiche qui n’en finissait pas de creuser le tronc d’un arbre afin d’y faire son nid, le chant des pigeons ramiers , des tourterelles des bois, des chevreuils, des blaireaux tout ce que j’avais eu hâte de retrouver en partie était là c’était un pur bonheur qu’il pleuve ou qu’il vente j’y étais et j’avais l’impression d’être seul au monde tout m’appartenait j’étais vraiment heureux. Un paradis que personne ne pouvait me prendre.
Voilà, Le temps d’un souffle de vent sur mes épaules et 40 ans se sont passés et j’ai toujours la même ardeur à faire ces sorties qui me rappellent mon
adolescence, il ne faut jamais non jamais regretter une sortie photographique même animalière, si ce fameux jour du fond de notre affût nous ne voyons rien ou en tous les cas pas grand-chose, ce jour ne peut en rien retirer en ce qui concernent mes sorties photographiques la qualité des fréquentations animales à laquelle je  pouvais prétendre en y venant voir.

Aujourd’hui j’expose par le biais de ce blog quelques photos sans aucune prétention, et j’aimerai faire naitre un petit déclic aux visiteurs ; ce serait pour ma part un réel bonheur.

 Sur ce sujet-là je suis confiant l’être humain est très intelligent il saura faire face à ce problème récurrent qui est la bonne santé de la nature.

Je ne veux pas être ici complètement négatif voir même alarmiste, je connais beaucoup de photographe animalier, avec qui j’ai parlé de cette nature  c’est déjà énorme que de nos jours certaines personnes se penchent sur cette nature bien mal en point, et si nous la questionnons elle nous dirait qu’elle est beaucoup plus gravement en difficulté que ce que l’on pense et c’est bien aux hommes prédateurs de première classe de la remettre en état.

 

Jacques Cartier